Une bouteille du Domaine Les Foulards rouges à 27 euros donne le ton : pour Manu Payet, le vin reste une affaire de visages avant d’être une affaire d’étiquette. Dans un entretien publié le 28 juin 2026, l’humoriste explique préférer presque les vignerons et les vigneronnes à leurs vins.
La formule n’a rien d’un décor de table. Elle dit une manière de choisir : écouter celui ou celle qui fait le vin, puis ouvrir la bouteille. Vous achetez alors une histoire de travail, pas seulement un nom sur un verre.
« Je préfère les acteurs aux pièces »
« Les vignerons et les vigneronnes me font rêver, je les préfère presque à leurs vins. […] Je préfère les acteurs aux pièces. C’est pareil avec les vignerons.
» Le parallèle vient d’un homme qui connaît bien les plateaux, les scènes et le micro.
Né à La Réunion, où son nom se prononce en faisant sonner le « t », il est humoriste, acteur, réalisateur, scénariste et animateur de radio et de télévision. Il a joué dans une trentaine de films, mais son regard se porte ici vers celles et ceux qui donnent un visage à une cuvée.
Le vigneron avant la bouteille
Cette préférence a le mérite d’écarter le commentaire creux sur le vin. Une bouteille peut séduire par son appellation ou son millésime ; le récit du vigneron donne, lui, une raison de la boire avec attention.
Jessica Litaud apparaît ainsi à travers des cuvées de pouilly-fuissé, de saint-véran et d’aligoté. Benoît Lalanne est associé à Les Noëls de Montbenault, un chenin de Loire : assez d’éléments pour comprendre que les noms comptent autant que les régions.
Pourquoi cette façon de choisir parle aux amateurs ?
Vous n’avez pas besoin de connaître tous les codes du vin pour retenir une personne, une rencontre ou une bouteille achetée souvent. Ce chemin-là paraît plus juste que l’accumulation de références, car il laisse une place au souvenir.
Richard Leroy figure aussi parmi ses références personnelles. La liste reste courte, mais elle dessine un goût pour des bouteilles que l’on rattache à ceux qui les élaborent.
Gwilherm de Cerval lui a ouvert les vins nature
Gwilherm de Cerval, présenté comme le sommelier qui l’a initié aux vins nature, occupe une place précise dans ce parcours. Une initiation ne se réduit pas à apprendre des mots : elle modifie la façon de regarder la bouteille et les personnes qui la font.
Le sommelier est aussi coauteur de La Traversée de Paris, paru chez JC Lattès en 2023 avec Caroline de Maigret et Zazie Tavitian. Vous comprenez mieux pourquoi cette rencontre dépasse le simple conseil donné au restaurant : elle relie le vin à une conversation, à des goûts et à des récits.
Un pommard gardé en mémoire depuis le début des années 2000
Vers 2001 ou 2002, l’acteur évoque sa rencontre à Pommard avec le vigneron Jean Michelot, mort en 2011. Il garde le souvenir d’un pommard premier cru, sans pouvoir affirmer s’il datait de 1996 ou de 1998.
Cette hésitation sur le millésime rend le souvenir plus parlant qu’une fiche parfaitement rangée. Le vin reste lié à une rencontre ancienne et à un homme disparu ; vous pouvez connaître l’année exacte d’une bouteille sans retrouver ce que ce moment lui a laissé.
Faut-il toujours chercher la bouteille rare ?
Le prix moyen de ses achats, fixé autour de 27 euros pour une bouteille du Domaine Les Foulards rouges, éloigne le discours de la chasse au trophée. Une belle découverte n’a pas besoin d’être hors de portée pour rester en mémoire.
Le prestige seul perd face au récit du vigneron. Cette préférence est cohérente avec le souvenir de Pommard : une bouteille vaut davantage quand elle garde la trace d’une voix, d’un lieu et d’un échange.
Entre scène, écran et micro, une activité qui ne s’arrête guère
L’homme a été maître de cérémonie des Césars en 2018, puis nommé au Molière de l’humour en 2018 et 2023. Depuis sa programmation au Splendid, à Paris, en 2007, il s’est produit dans plusieurs spectacles en solo.
Il officie aussi depuis un an sur France Inter avec Studio Payet, le dimanche soir. Sa phrase, « Quand je ne fais rien, je culpabilise », éclaire cette activité continue sans la transformer en leçon de vie.
Deviens génial prolonge ce parcours au cinéma
Son dernier film cité, Deviens génial, est une comédie de Léo Grandperret en salle depuis le 17 juin. Cette actualité de cinéma ne fait pas disparaître le fil du vin : elle rappelle seulement que l’interprète passe d’un univers à l’autre avec la même curiosité pour les gens.
Vous pouvez retenir cette idée simple : avant de choisir une bouteille, prêtez attention à la personne qui la signe. Le cépage et le prix ont leur place, bien sûr, mais un nom raconté avec précision laisse souvent une trace plus durable au moment de servir.




