À Sancerre, le rosé ne représente que 5 % des bouteilles du Domaine Joseph Mellot, soit 35 000 bouteilles. Catherine Corbeau-Mellot refuse pourtant de le réduire à un vin d’été : elle lui donne deux à trois ans pour évoluer en bouteille.
Le propos mérite attention. Vous avez là un rosé de pinot noir pensé pour rester à table, bien après les premières journées chaudes.
Deux à trois ans : une garde assumée
La dirigeante décrit ce vin comme gourmand, mais elle insiste aussi sur sa capacité à bien évoluer pendant deux à trois ans. Le cantonner aux apéritifs estivaux serait une erreur de service.
Vous pouvez donc regarder le millésime autrement : sa place ne s’arrête pas à la terrasse. Cette garde annoncée ouvre la voie à des accords plus construits, sans promettre une transformation spectaculaire.
Avec quoi le servir après l’été ?
Pour le millésime 2024, Catherine Corbeau-Mellot cite le crottin frais de Chavignol. L’accord reste local et direct, avec un fromage frais qui ne réclame pas de surcharge.
Elle évoque aussi le gravlax de saumon, la daurade et le bar. Vous pouvez le poser sur des grillades de viande rouge : ce choix montre bien que ce rosé vise une assiette entière.
Le pinot noir donne sa place au rosé
Dans cette appellation, le rosé est issu de pinot noir. Le rouge représente 15 % de l’entreprise.
Le blanc, élaboré exclusivement avec du sauvignon blanc, pèse 80 % du total. Vous comprenez alors la place plus discrète du rosé, mais aussi son lien clair avec la famille des vins rouges du domaine.
Une appellation à trois couleurs
L’appellation viticole créée en 1936 comprend des vins blancs, rouges et rosés. Le rosé et le rouge y sont nés en 1959.
En 2026, le sancerre blanc fête ses 90 ans. Vous auriez tort de laisser cette seule couleur raconter tout le vignoble : la bouteille rose fait partie de son histoire depuis longtemps.
Une cave du XIIe siècle, des cuves inox au printemps
La cave historique du Domaine Joseph Mellot date du XIIe siècle. Les vins du millésime 2025 ont pourtant été mis en bouteilles au printemps, après quelques mois d’élevage en cuve inox.
En mai, les équipes expédient les blancs et les rosés de ce millésime. Vous y voyez une production qui conjugue un lieu ancien et un travail de cave décrit sans décor inutile.
Catherine Corbeau-Mellot tient seule la maison depuis 2005
Elle dirige seule le domaine depuis le décès de son mari en 2005, après avoir travaillé dix-neuf ans avec lui.
La majorité des vins part en France, à 65 %, puis vers les États-Unis, le Royaume-Uni, le Québec, la Belgique et les pays nordiques. Vous pouvez retenir cette idée simple : ce rosé reste minoritaire dans les volumes, mais il porte une ambition précise de vin de table.
Entre un crottin frais, un poisson et une grillade, la bouteille trouve plusieurs chemins sans perdre son fil. Deux ou trois ans de garde ne font pas un miracle ; ils invitent seulement à cesser de boire le rosé à la date imposée par le calendrier.




