20 millions d’euros ont été investis à Lezoux pour fabriquer des câbles destinés aux véhicules électriques. Le groupe auvergnat, déjà présent dans la mobilité par le rail, veut maintenant relier les bornes de recharge, les batteries et les moteurs des voitures.
Le mouvement est net. Avec cette usine ouverte en avril près de Clermont-Ferrand, l’entreprise familiale fait passer son savoir-faire des conditions extrêmes aux besoins très concrets de l’électrique sur route.
À Lezoux, un bâtiment de 12 000 m² pour les câbles électriques
Le nouveau site mesure 12 000 m². Il a été construit pour produire des câbles de forte puissance, ceux qui assurent le lien entre l’alimentation d’une borne de recharge, la batterie et le moteur électrique.
Ce rôle se voit peu une fois le véhicule assemblé, mais il commande tout le trajet de l’énergie. Si vous branchez une voiture, il faut bien que le courant circule jusqu’à la batterie, puis vers le moteur. C’est précisément la place occupée par ces câbles.
L’usine ne vise pas une seule carrosserie. Les productions annoncées concernent les voitures, les camions, les scooters, les véhicules légers et les chariots.
Du rail aux voitures : une continuité, mais un marché plus large
Le groupe avait déjà mis un pied dans la mobilité électrique par la construction ferroviaire. Ce nouvel outil industriel ouvre la fabrication à d’autres véhicules, avec des demandes reçues pour des voitures, des camions, des deux-roues et des chariots.
Le rail n’est donc pas abandonné. Il sert de point d’appui à une activité qui se tourne aussi vers les usages de la route et les petits engins électriques.
Pour vous, l’intérêt se lit dans cette chaîne simple : une borne apporte l’électricité, la batterie la reçoit, le moteur l’utilise. Entre ces trois éléments, le câble doit suivre. Sans ce maillon, pas de recharge ni de déplacement.
Pourquoi fabriquer ces câbles dans une usine dédiée ?
Le choix d’un site réservé à cette production montre que l’entreprise ne traite pas la voiture électrique comme une activité annexe. Elle lui donne un bâtiment, des équipes et une capacité prévue pour grandir.
Le projet a été conçu pour tripler la capacité de production. C’est un engagement industriel lourd, car l’outil est pensé avant même que tous les postes ne soient occupés.
Dix salariés au départ, une centaine annoncée dans deux ans
L’usine compte à ce jour dix salariés. Une centaine de personnes est annoncée dans les deux années à venir, au rythme du développement du site.
Cette différence entre l’effectif de départ et l’objectif donne la mesure du pari. Ouvrir une grande usine avec une petite équipe oblige à faire monter la production sans brûler les étapes.
Vous pouvez y voir autre chose qu’un simple changement de gamme : c’est une implantation appelée à prendre du poids dans le bassin clermontois. L’emploi annoncé dépendra bien sûr de la montée en charge, mais la direction fixée est claire.
Le site a été conçu pour devenir le plus grand site européen dédié au câble pour véhicules électriques. La formule engage. Elle fixe aussi un cap qui dépasse largement la seule fabrication destinée aux voitures.
Pierre Sanvoisin prend le relais au moment du virage électrique
Pierre Sanvoisin, nouveau PDG de l’entreprise familiale, arrive à la tête du groupe au moment où cette unité ouvre ses portes. Le calendrier donne à cette prise de fonction une portée concrète : il faut installer cette activité dans la durée.
Le siège historique reste à Ambert, en Auvergne. Le groupe est implanté partout dans le monde et figure parmi les tout premiers fabricants mondiaux de câbles électriques spéciaux pour conditions extrêmes.
Cette expérience ne dispense pas de réussir le virage vers les véhicules électriques. Elle donne toutefois une base technique à une entreprise qui connaît déjà les câbles conçus pour des usages exigeants.
Pour vous qui regardez l’industrie locale, le sujet vaut surtout pour cela : une maison ancrée dans le pays ne se contente pas d’observer le changement des mobilités. Elle construit un outil pour y prendre place.
Une usine suffit-elle à gagner ce marché ?
Non. Le bâtiment, l’investissement et la capacité prévue ne remplacent ni les commandes ni le travail des équipes. Mais ils rendent possible une production à plus grande échelle si les demandes se transforment en activité durable.
Le choix de Lezoux est donc un pari sur la demande déjà exprimée pour plusieurs catégories de véhicules. Un pari industriel, pas un simple affichage.
Le câble, cette pièce discrète qui relie toute la chaîne électrique
On parle volontiers de batteries et de moteurs. Le câble reste dans l’ombre, alors qu’il relie les éléments qui permettent au véhicule de recevoir puis d’utiliser l’électricité.
C’est là que le projet trouve sa cohérence. L’entreprise ne fabrique pas un véhicule complet : elle produit une pièce qui sert à plusieurs familles d’engins, du scooter au camion.
Vous ne choisirez sans doute jamais un câble comme vous choisissez une voiture. Pourtant, cette production raconte une transformation bien réelle : l’industrie auvergnate cherche sa place dans les véhicules électriques par une spécialité qu’elle maîtrise déjà.
À Lezoux, le virage ne tient pas à un slogan. Il tient à une usine, à 20 millions d’euros investis, à dix salariés au départ et à une production appelée à grandir. Le câble restera caché sous les capots.
L’ambition, elle, est posée au grand jour.




