Observer les marmottes du Cantal sans les stresser : les gestes à adopter

Observer les marmottes du Cantal sans les stresser

Sur les flancs du Puy Mary, une marmotte qui voit des promeneurs trop près réduit le temps qu’elle consacre à se nourrir. Le spectacle est réjouissant, mais il impose une règle nette : l’observer sans lui barrer sa journée de pâturage.

Réintroduit à la fin des années 1980, ce rongeur a recolonisé une grande partie du massif cantalien. Jean-Philippe Reygade le dit présent « partout sur le volcan cantalien » : cette présence ne donne pas le droit de s’approcher davantage.

Des jumelles plutôt qu’une approche sur les pentes

Pour regarder l’animal, gardez vos distances et prenez des jumelles ou une longue-vue. Vous verrez mieux ses déplacements, sans le pousser à fuir vers son terrier.

Autour du Plomb du Cantal comme sur les pentes du grand sommet volcanique, l’envie de gagner quelques mètres est mauvaise. Une observation réussie laisse la bête continuer à manger, à se déplacer et à surveiller les alentours sans modifier son comportement.

Pourquoi faut-il rester loin ?

Les passages répétés et les personnes trop proches perturbent l’alimentation. Or la graisse accumulée durant la belle saison permet de tenir pendant une hibernation de cinq à six mois.

Le calcul est simple, même s’il ne se voit pas depuis le sentier : moins de temps à se nourrir peut signifier moins de réserves pour l’hiver. Chercher la photographie de trop relève donc du non-sens.

Les sentiers fréquentés rassurent davantage l’animal

Les professionnels demandent de ne jamais quitter les chemins de randonnée. Vous limitez ainsi le dérangement et évitez d’entrer dans les zones où les colonies vivent et se réfugient.

Jean-Philippe Reygade explique que les bêtes s’habituent à la présence humaine lorsque chacun reste sur les sentiers fréquentés. Certaines voient passer des centaines de randonneurs sur ces itinéraires, sans que cela autorise une sortie de chemin.

Il ne faut ni pénétrer dans les secteurs de terriers ni traverser une colonie. Le sentier crée une habitude ; le hors-piste apporte une présence imprévisible, bien plus difficile à supporter.

Un sifflement annonce le repli vers les terriers

Lorsqu’un danger approche, certaines jouent les sentinelles et sifflent. Les autres rejoignent alors leurs terriers. Vous n’avez rien à poursuivre : ce signal indique que votre présence, ou celle d’un autre passage, a interrompu la tranquillité du groupe.

Ce moment vaut mieux qu’une course maladroite pour se rapprocher. On s’arrête, on regarde de loin, puis on laisse la colonie retrouver son rythme.

Les chiens demandent une vigilance particulière

L’odeur d’un chien peut fortement perturber ces animaux. Gardez-le au plus près de vous et évitez les zones de colonies, même si le sentier paraît calme.

Le problème ne tient pas à l’intention du promeneur. Pour la faune, un chien reste un élément inquiétant, et le sifflement des sentinelles peut suffire à disperser le groupe vers les abris.

Pain, biscuits et viennoiseries : rien ne doit finir au sol

Ne nourrissez jamais les marmottes. Le pain, les biscuits et les viennoiseries ne conviennent pas à leur organisme, même lorsqu’un individu s’approche sans crainte.

Vous pouvez garder votre goûter dans votre sac et repartir avec chaque déchet. L’animal doit trouver sa nourriture dans son milieu, pas au bord d’un chemin où les habitudes humaines finissent par le mettre en difficulté.

Depuis le printemps 1989, une présence devenue familière

Environ 150 marmottes ont été introduites au printemps 1989 dans le Cantal. Depuis, elles ont gagné une large part du massif, au point que Philippe Fabre, président du Grand Site de France Puy Mary – Volcan du Cantal, les décrit comme un emblème des lieux.

Cette familiarité explique l’émotion des rencontres, mais elle ne doit pas transformer la montagne en enclos. Le site privilégie d’ailleurs des sorties encadrées consacrées à la découverte de la faune.

Sur ces hauteurs, le bon souvenir n’est pas celui d’un animal forcé de se cacher à quelques pas. C’est une silhouette observée de loin, une sentinelle qui reste calme, puis le sentier repris sans bruit, avec les réserves de l’hiver laissées à ceux qui doivent les constituer.